martes, julio 17, 2012

"Hiatus Irrationalis", de Jacques Lacan

© Traducción de Juan Carlos Villavicencio




Cosas, que fluya en ustedes el sudor o la savia,
Formas, que nazcan ustedes de la fragua o la sangre,
Vuestro torrente no es más denso que mi sueño;
Y, si no los golpeo con un deseo incesante,

Atravieso vuestra agua, caigo cerca de la orilla
Donde me atrae el peso de mi demonio pensante.
Solo, se enfrenta al duro suelo del que se levanta el ser,
Al ciego y sordo mal, al dios privado de sentido,

Pero en cuanto todo verbo ha muerto en mi garganta,
Cosas, que nazcan ustedes de la sangre o de la fragua,
Naturaleza, –me pierdo en el flujo de un elemento:

El que se incuba en mí, el mismo que a ustedes se subleva,
Formas, que fluya en ustedes el sudor o la savia,
Es el fuego el que me hace vuestro inmortal amante.









1929








Hiatus Irrationalis

Choses, que coule en vous la sueur ou la sève, / Formes, que vous naissiez de la forge ou du sang, / Votre torrent n’est pas plus dense que mon rêve; / Et, si je ne vous bats d’un désir incessant, // Je traverse votre eau, je tombe vers la grève / Où m’attire le poids de mon démon pensant. / Seul, il heurte au sol dur sur quoi l’être s’élève, / Au mal aveugle et sourd, au dieu privé de sens, // Mais sitôt que tout verbe a péri dans ma gorge, / Choses, que vous naissiez du sang ou de la forge, / Nature, - je me perds au flux d’un élément: // Celui qui couve en moi, le même vous soulève, / Formes, que coule en vous la sueur ou la sève, / C’est le feu qui me fait votre immortel amant.



1 comentario:

giacomo conserva dijo...

un peu comme les poemes de heidegger- lumière dans une intimité- le feu brûle, la lumière...